Shakespeare rajeunit

Plus de quatre siècles après leur création, plusieurs pièces de William Shakespeare viennent d’être réécrites “dans la langue des jeunes” par un écrivain britannique, au risque de faire hurler les puristes.

Martin Baum a rassemblé quinze pièces du plus grand dramaturge britannique, en donnant au passage un coup de jeune à une langue réputée ardue, et redoutée par des générations d’élèves. Titre de l’ouvrage: “Etre ou ne pas être, quoi: un guide de Shakespeare dans la langue des jeunes”.

L’auteur puise abondamment dans la syntaxe approximative, le vocabulaire parfois fleuri et la prononciation relâchée de la génération SMS. “Hamlet” perd son “h”, le célèbre “Etre ou ne pas être” se voit affublé d’un “quoi” peu shakespearien, et dans cette tragédie, il y a désormais quelque chose de “dégueulasse” - et non plus “pourri”- au royaume du Danemark.

Les “Deux gentilshommes de Vérone” deviennent de simples “mecs cools”. Quant aux familles Montaigu et Capulet qui s’affrontent dans “Romeo et Juliette”, “vu qu’elles passent leur temps à se bagarrer et tout ça, le prince de Vérone leur a dit de la mettre en veilleuse”.

“Je ne cherche pas à mener une croisade ou quoi que ce soit, mais si je peux aider à susciter un intérêt pour Shakespeare, je ne crois pas que ce soit une mauvaise chose”, a déclaré l’écrivain dans un quotidien du sud de l’Angleterre, le Bournemouth Daily Echo.

“Je sais que les intellectuels vont avoir du mal à digérer” les aménagements linguistiques du livre, ajoute-t-il. “Je l’ai donné à l’un d’entre eux et il m’a dit qu’il se sentait coupable de l’avoir trouvé drôle”…

Dans le même esprit, une maison d’édition britannique a présenté mi-avril des versions “manga” de pièces du génie de Stratford-upon-Avon, très populaires chez les jeunes lecteurs en Grande-Bretagne et en Asie.

Leave a Reply

CAPTCHA image